Hormone plus généralement associée aux hommes, la testostérone est aussi présente chez la femme et très utile ! L’utilisation et le taux de testostérone étant un peu différents chez les femmes et les hommes, il est important d’en connaitre les nuances. Un taux de testostérone perturbé est aussi cause de dérèglements hormonaux 😵💫 : cycles irréguliers, SPM, acné, prise de masse grasse, notamment au niveau du ventre…
Sommaire
Qu’est-ce que la testostérone ?
La testostérone est une hormone stéroïdienne appartenant au groupe des androgènes. Elle est produite chez les deux sexes, mais en quantités bien moindres chez la femme que chez l’homme : environ dix fois moins en moyenne chez une femme adulte ! Comme dit plus haut, bien qu’elle soit souvent associée à la physiologie masculine, la testostérone est indispensable dans l’organisme féminin, où elle agit sur de nombreux systèmes biologiques ✨.
Mode de production de la testostérone chez la femme
Chez la femme, la testostérone est produite :
- Dans les ovaires, principal site de production (avec conversion locale d’autres androgènes).
- Dans les glandes surrénales, qui sécrètent des précurseurs androgéniques pouvant être convertis en testostérone.
La testostérone circule dans le sang sous plusieurs formes : liée à des protéines (comme la SHBG – Sex Hormone Binding Globulin)* et sous forme libre biodisponible, qui est biologiquement active. Les concentrations hormonales chez les femmes varient naturellement avec l’âge et les phases du cycle hormonal.
* Ces deux formes de testostérones sont à prendre en compte au moment de faire un dosage sanguin lors d’un bilan hormonal. Effectivement, doser la forme libre ou la forme liée n’est pas suffisant. Il faut avoir le taux total afin d’avoir un réel aperçu de son activité. On dose généralement aussi la SHBG pour vérifier d’autres problèmes sous-jacents.
À quoi sert la testostérone chez la femme ?
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les actions physiologiques de la testostérone chez la femme sont nombreuses :
💪
Muscles et os
Elle contribue à la masse musculaire 💪, à la force physique et à la densité osseuse, ce qui aide à prévenir des problèmes comme l’ostéoporose.
🤩
Humeur et bien-être
Des niveaux hormonaux équilibrés sont reliés à la régulation de l’humeur, de l’énergie et de la cognition. Certaines publications montrent que des déséquilibres de testostérone peuvent être associés à une humeur dépressive.
🥵
Libido et sexualité
La testostérone intervient dans la libido, la motivation sexuelle et l’excitation. Des études cliniques montrent que des niveaux plus élevés de testostérone sont positivement associés à la fonction sexuelle féminine.
🔋
Métabolisme
La testostérone influence la répartition des graisses et le métabolisme global, en interaction avec d’autres hormones comme l’œstrogène.
Causes d’un taux de testostérone perturbé
Un taux de testostérone peut être anormalement bas ou élevé chez la femme, avec des causes très variées.
Généralement, le taux moyen de testostérone totale est (moyenne) :
- Testostérone : 0,2 à 2,9 nmol/L – ou – 0,08 à 0,48 ng/mL
Référez-vous en priorité aux taux annoncés par votre médecin. Les normes peuvent varier en fonction des années et des laboratoires. Également, le taux idéal (taux santé) varie d’une femme à l’autre.
Le taux moyen de SHBG est :
- Sex Hormone Binding Globulin (SHBG) : 34,3−147,7 nmol/L
1. Causes d’un taux trop bas (hypotestostéronémie)
Plusieurs facteurs peuvent conduire à un taux insuffisant :
- Ménopause et âge : la fonction ovarienne diminue avec l’âge, réduisant la production hormonale.
- Insuffisance ovarienne : par exemple liée une insuffisance ovarienne prématurée, souvent d’origine auto-immune ou génétique, certaines maladies auto-immunes (comme les polyendocrinopathies auto-immunes) dans lesquelles le système immunitaire attaque le tissu ovarien, ainsi que des anomalies chromosomiques telles que le syndrome de Turner. D’autres causes incluent des atteintes ovariennes secondaires à des traitements médicaux 💊 (chimiothérapie, radiothérapie pelvienne) ou à des pathologies inflammatoires et infectieuses rares touchant les ovaires.
- Insuffisance surrénalienne causée par : maladie d’Addison, généralement d’origine auto-immune, entraînant une destruction progressive de la glande. D’autres pathologies incluent certaines formes d’hyperplasie congénitale des surrénales, des atteintes infiltratives ou infectieuses (comme la tuberculose surrénalienne), ainsi que des troubles de l’axe hypothalamo-hypophysaire pouvant conduire à une insuffisance surrénalienne dite secondaire.
- Ablation des ovaires ou dommages liés à des traitements médicaux (par ex. chimiothérapie).
- Médicaments qui interfèrent avec l’axe hormonal : spironolactone, cyprotérone acétate, contraceptifs, certains antidépresseurs…
Les symptômes d’un taux abaissé de testostérone sont indiqués plus bas.
2. Causes d’un taux trop élevé (hyperandrogénie)
Un excès de testostérone chez la femme est souvent le signe d’un trouble sous-jacent :
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : cause (ou conséquence ?) la plus fréquente d’hyperandrogénie.
- Hyperplasie congénitale des surrénales et autres désordres endocriniens.
- Tumeurs ovariennes ou surrénaliennes sécrétantes, pathologies : par exemple le syndrome de Cushing…
- Modifications des protéines porteuses (SHBG) : Les problèmes de foie (qui s’occupe de la synthèse de la SHBG), l’inflammation chronique, l’insulinorésistance ou l’hyperinsulinémie… peuvent réduire la production ou l’action de la SHBG et ainsi augmenter la fraction libre active de la testostérone.
Les symptômes d’un taux trop haut de testostérone sont indiqués plus bas.
Problèmes liés à un taux trop bas
Un niveau de testostérone inférieur à la moyenne peut s’associer à plusieurs symptômes et troubles :
Fatigue et humeur 🌞
Un déficit en testostérone peut être associé à une baisse globale de l’énergie, se traduisant par une fatigue persistante et une diminution de la vitalité. Sur le plan psychique, des fluctuations de l’humeur, une baisse de motivation ou des états dépressifs légers à modérés ont été observés, suggérant un rôle de la testostérone dans la régulation du bien-être émotionnel.
Fragilité osseuse
La testostérone participe, chez la femme, au maintien de la densité minérale osseuse, en synergie avec les œstrogènes. Un taux insuffisant peut perturber l’équilibre entre formation et résorption osseuse, favorisant une diminution progressive de la solidité des os. À long terme, cette fragilisation peut augmenter le risque d’ostéopénie et d’ostéoporose, en particulier chez les femmes ménopausées 🦴.
Baisse de libido
La testostérone joue un rôle clé dans le désir sexuel féminin, en influençant la motivation, la sensibilité aux stimuli et la réactivité sexuelle. Lorsque son taux est bas, une diminution du désir peut apparaître, parfois accompagnée d’une moindre satisfaction sexuelle, même en l’absence d’autres troubles hormonaux apparents. Couplée à des taux d’oestrogènes descendants, on constate aussi une baisse de la lubrification, des sécheresses et inconforts.
Perte de masse musculaire
La force musculaire 💪 peut être réduite. En effet, la testostérone est un facteur important de la santé musculaire : maintient et prise de masse. Chez la femme, un taux trop bas peut entraîner une diminution progressive du tonus et de la masse musculaire, avec une réduction des capacités physiques et une sensation de faiblesse accrue, notamment avec l’avancée en âge.
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Problèmes liés à un taux trop élevé
Un excès de testostérone chez la femme peut également entraîner plusieurs dysfonctionnements :
Signes d’hyperandrogénie
Un excès de testostérone ou d’autres androgènes chez la femme se manifeste souvent par des signes physiques visibles (mais pas que).
- L’hirsutisme, c’est-à-dire la croissance excessive de poils sur le visage, la poitrine ou le dos,
- L’acné parfois sévère
- L’alopécie androgénétique (perte de cheveux au niveau du cuir chevelu) sont des manifestations cliniques classiques.
- S’il y a une prise de poids, elle sera surtout concentrée au niveau du ventre (effet boué).
Ces symptômes reflètent l’effet direct des androgènes sur les follicules pileux et les glandes sébacées.
Troubles menstruels
On observe généralement des cycles irréguliers ou absents avec le syndrome des ovaires polykystiques (PCOS – SOPK – OPK). 📅 Il implique notamment un excès d’androgènes (mais aussi fréquemment un déséquilibre de la LH ou parfois des œstrogènes).
Humeur et comportement
L’impact des androgènes sur le comportement et l’humeur féminine est encore étudié, mais certaines recherches suggèrent qu’un excès peut être associé à des fluctuations de l’humeur, une irritabilité accrue ou des comportements plus impulsifs dans certains contextes (ça vous fait penser à quelque chose 😅 ?).
Ces effets varient fortement d’une personne à l’autre et semblent dépendre à la fois du taux hormonal et de la sensibilité individuelle aux androgènes !
Risque métabolique accru
Des niveaux élevés d’androgènes chez la femme sont souvent associés à des perturbations métaboliques. Plusieurs études indiquent un lien avec un risque accru de syndrome métabolique, de résistance à l’insuline et de diabète de type 2. L’excès d’androgènes peut ainsi contribuer à la redistribution des graisses, à l’augmentation de la masse abdominale et à des anomalies lipidiques, influençant la santé cardiovasculaire et métabolique à long terme.



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