L’endométriose est une maladie chronique, hormono-dépendante et inflammatoire, qui touche environ 10 % des femmes en âge de procréer et impact la fertilité. Malgré une meilleure connaissance de ses mécanismes ces dernières années, elle reste l’une des principales causes d’infertilité féminine 🫄.
L’endométriose provoque la présence de tissu semblable à l’endomètre en dehors de l’utérus, entraînant douleurs, inflammations, adhérences, troubles hormonaux et parfois une diminution de la fertilité.
Sommaire
- Liens entre endométriose et infertilité
- Comment améliorer ses chances de concevoir quand on souffre d’endométriose ?
- Conclusion
- Sources
Liens entre endométriose et infertilité
L’infertilité liée à l’endométriose peut avoir plusieurs causes :
- Les adhérences provoquées par l’inflammation peuvent bloquer les trompes, gêner la mobilité des ovocytes, perturber le passage des spermatozoïdes…
- L’inflammation chronique augmente le stress oxydatif, perturbe le cycle hormonal, impacte la qualité ovocytaire et perturbe l’environnement utérin.
- Des déséquilibres hormonaux, notamment une hypersécrétion d’œstrogènes (aide la progression de la maladie et compliquent l’ovulation), diminution de la progestérone (à cause d’une mauvaise ou absence d’ovulation), augmentation du cortisol…
- …
Comment améliorer ses chances de concevoir quand on souffre d’endométriose ?
1. L’alimentation
C’est un des piliers pour accompagner l’endométriose et favoriser la fertilité. Elle ne fait pas tout, mais aide à améliorer l’équilibre hormonal, réduire l’inflammation, soutenir le foie, assurer une meilleure qualité des ovocytes, éviter les carences qui pourraient empirer les symptômes (et diminuer la fertilité), avoir de l’énergie 🔋 (parce que l’endométriose, c’est aussi de la fatigue)… Privilégier une alimentation non inflammatoire peut permettre aussi de réduire la progression des lésions, améliorer le confort digestif…
Les aliments à privilégier :
- Les légumes colorés riches en antioxydants comme les épinards, le chou rouge, les carottes ou les poivrons
- Les fruits riches en polyphénols comme les myrtilles, les framboises ou les grenades 🫐
- Les oméga-3 issus des petits poissons gras (sardines, maquereaux, harengs… frais si possibles), des graines de chia, de lin ou des noix
- Les protéines : œufs 🍳, poissons, protéines végétales (légumineuses)…
- Les bons gras : huiles antioxydantes comme l’huile d’olive vierge extra, acides gras saturés : huile de coco, huile d’avocat, ghee… des acides gras oléiques (huile de tournesol oléique, huile d’avocat…) 🥑
- …
Les aliments à limiter :
- Les produits laitiers de mauvaise qualité ou en trop grande quantité.
- Le gluten 🍞. D’autant plus chez les femmes présentant une sensibilité intestinale.
- Les aliments industriels transformés riches en sucres, additifs et huiles hydrogénées. Mangez brut au maximum.
- Les viandes rouges et charcuteries (nitrites, sel en trop grande quantité, histamine…).
- Les boissons sucrées et les excès de café ☕️
- L’alcool 🍷
- …
Une alimentation riche en fibres permet par ailleurs d’aider le foie et les intestins à éliminer l’excès d’œstrogènes, élément fondamental dans la gestion de l’endométriose !

2. Soutenir le foie pour équilibrer les hormones
Le foie joue un rôle essentiel dans la détoxification des hormones, dont les œstrogènes. Améliorer son fonctionnement aide à réduire l’hyperœstrogénie, fréquente dans l’endométriose et défavorable à l’ovulation.
Des plantes précieuses en phytothérapie peuvent être utilisées, comme :
- le chardon-marie
- le desmodium
- l’artichaut
- le radis noir
- citron et agrumes (avec une utilisation spécifique)
Elles doivent être adaptées à chaque profil, de préférence sous encadrement naturopathique. En parallèle, il est important d’éviter l’alcool, de limiter les médicaments non indispensables (notamment anti-inflammatoires répétés) et de privilégier des aliments bruts et biologiques afin de réduire la charge toxique.
3. Renforcer le microbiote pour améliorer la fertilité
Un microbiote intestinal déséquilibré augmente l’inflammation générale, impacte l’immunité et influence le recyclage des œstrogènes via « l’estrobolome », une partie du microbiote impliquée dans leur métabolisme. Plusieurs études montrent qu’un microbiote équilibré soutient la fertilité et l’équilibre hormonal.
Pour le soutenir, il est conseillé :
- d’augmenter la consommation d’aliments fermentés comme le kéfir végétal, la choucroute ou le miso
- d’intégrer des prébiotiques naturels comme l’ail, l’oignon, le poireau, l’asperge ou la banane verte 🍌
- d’ajouter ponctuellement des probiotiques de qualité, en cure adaptée
Un microbiote vaginal équilibré est également essentiel à la fertilité. L’utilisation de probiotiques spécifiques vaginaux peut réduire les risques d’infections, améliorer la glaire cervicale et créer un environnement favorable à la nidation.
4. Optimiser la qualité ovocytaire
Chez les femmes atteintes d’endométriose, le stress oxydatif altère la qualité des ovocytes. Certains micronutriments ont montré un intérêt dans l’amélioration de la fertilité, notamment :
- la coenzyme Q10 (ubiquinol)
- la vitamine E
- la vitamine C
- le zinc
- le sélénium
- l’acide alpha-lipoïque
- l’oméga-3 EPA/DHA
- …
Une complémentation personnalisée est recommandée afin d’éviter les surdosages et supprimer les carences, en fonction des bilans et du mode de vie.
Nous sommes nombreuses à avoir une alimentation carencée (ou une carence avérée) en certains micro-nutriments. Il est important de régler ces manques, car ils peuvent encourager l’avancée de la maladie ainsi que les symptômes. Certaines carences ont un impact direct sur l’ovulation.
5. Gérer le stress et soutenir le système nerveux
Le stress chronique perturbe l’ovulation 🤯, augmente l’inflammation et accentue les douleurs. Les femmes atteintes d’endométriose sont souvent soumises à un stress physiologique (douleurs répétées) et psychologique (peur de l’infertilité, fatigue, impact sur la vie sociale).
Des pratiques comme la cohérence cardiaque, la sophrologie, la méditation, le yin yoga ou des massages thérapeutiques permettent de réduire le stress et d’améliorer la circulation pelvienne. Le magnésium, la rhodiole ou l’ashwagandha peuvent également soutenir l’organisme face au stress, après avis professionnel.
6. Améliorer la mobilité pelvienne
Une meilleure mobilité pelvienne favorise la circulation sanguine, la nutrition des ovaires, réduit les adhérences et soutient la fertilité. Plusieurs méthodes naturelles sont utiles :
- la réflexologie
- l’ostéopathie gynécologique
- la phytothérapie circulatoire (achillée, vigne rouge, hamamélis)
- l’auto-massage abdominal doux
- l’activité physique régulière, notamment la marche, le pilates ou la natation
- Le yoga, avec des postures adaptées
- …
Ces techniques visent à relâcher les tensions musculaires, améliorer la mobilité des organes…
7. Perturbateurs endocriniens et environnement
Enfin, comme pour chaque pathologie de la sphère hormonale, il est nécessaire de parler des perturbateurs endocriniens et polluants. C’est le moment de vous défaire petit à petit de vos faux amis : bougies parfumées 🕯, crèmes aux ingrédients douteux, produits d’entretien non-naturels… et d’utiliser les produits que vous avez à bon escient. Ils sont reconnus pour perturber le cycle hormonal(1)(2) et peuvent aggraver les symptômes de l’endométriose. Il pourrait aussi avoir un lien entre l’avancée de l’endométriose et une surexposition à certains métaux lourds comme le cadmium, aux pesticides…
Conclusion
L’endométriose peut être un obstacle à la fertilité, mais une prise en charge globale et individualisée améliore considérablement les chances de concevoir. La naturopathie ne remplace pas les traitements médicaux, elle les complète. En combinant alimentation anti-inflammatoire, soutien hépatique, optimisation du microbiote, antioxydants ciblés, régulation du stress et amélioration de la circulation pelvienne, il est possible d’offrir au corps les meilleures conditions pour accueillir une grossesse.
Chaque femme est unique (statuts en micronutriments, taux hormonaux, sensibilité intestinale, tolérance des aliments…) et l’accompagnement personnalisé reste essentiel. Entourée d’une équipe pluridisciplinaire, une femme atteinte d’endométriose peut améliorer ses chances de concevoir.
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