La périménopause est une période de transition hormonale qui peut s’accompagner de nombreux changements : cycles irréguliers, troubles du sommeil, bouffées de chaleur, fatigue, variations de l’humeur ou encore difficultés de concentration. Chez les femmes présentant un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH, ou en anglais ADHD), cette période peut parfois être vécue comme une véritable amplification des difficultés déjà présentes 🙃.
Les fluctuations des hormones sexuelles, notamment des œstrogènes, pourraient en effet interagir avec certains mécanismes cérébraux impliqués dans le TDAH. Les données scientifiques restent encore limitées, mais les recherches récentes commencent à mieux documenter cette association.
Sommaire
Rappel sur le TDAH
Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, ou TDAH (ou en anglais ADHD), est un trouble neurodéveloppemental qui débute lors de l’enfance et persiste généralement à l’âge adulte.
Il peut se manifester par des difficultés à maintenir son attention, organiser les tâches, gérer son temps, prioriser les informations, terminer certaines activités, trouver de la motivation pour commencer une nouvelle tâche 🫨…
L’impulsivité et l’hyperactivité physique peuvent également être présentes.
À noter que les femmes ont plus tendance à masquer les symptômes du TDAH depuis l’enfance (stratégies de compensation), et sont souvent sous-diagnostiquées.
Rappel sur la ménopause et la périménopause
La ménopause correspond à l’arrêt définitif des menstruations, habituellement après 12 mois consécutifs sans règles en l’absence d’une autre cause. Elle survient le plus souvent entre 45 et 55 ans.
La préménopause désigne la période de transition qui précède la ménopause. Elle peut durer plusieurs années et se caractérise par des fluctuations importantes des hormones ovariennes.
Cette transition peut provoquer des symptômes très variés.
Dans le milieu de la santé, on utilise souvent à tort le mot périménopause pour parler de la préménopause. Pourtant, les périodes autour de la ménopause sont :
- Préménopause : avant la ménopause
- Postménopause : après la ménopause
À elles deux, elles représentent la périménopause.
Plusieurs travaux récents mettent en évidence une association entre TDAH et intensité des symptômes liés à la transition ménopausique.
Quels symptômes hormonaux avec un TDAH ?
Les symptômes hormonaux de la ménopause
Les manifestations de la périménopause peuvent être nombreuses et variables d’une femme à l’autre.
De manière générale, hormonalement, on retrouve :
- cycles menstruels irréguliers
- bouffées de chaleur
- sueurs nocturnes
- troubles du sommeil 😴
- fatigue
- irritabilité
- variations de l’humeur
- anxiété
- baisse de la libido
- sécheresse vaginale
- douleurs musculaires ou articulaires
- …

Les symptômes psychologiques et cognitifs de la ménopause
Le « brouillard cérébral », ou brain fog 😶🌫️, est une plainte fréquente pendant la périménopause.
Les personnes en ménopause / périménopause peuvent avoir du mal à :
- se concentrer
- mémoriser une information
- retrouver leurs mots 🤐
- passer d’une tâche à une autre
- organiser leur quotidien
- rester attentif.ve lors d’une conversation
- prendre des décisions
- …
Les symptômes physiques de la ménopause
- Fatigue
- Douleurs articulaires
- Ostéoporose 🦴
- Perte accélérée de l’élasticité de la peau
- Prise de poids androgénique (autour du ventre)
- …
Des symptômes périménopausiques accentués avec un TDAH
Une étude de cohorte récente a retrouvé davantage de symptômes psychologiques, somatiques et urogénitaux chez les femmes présentant un TDAH. Les symptômes psychologiques sévères concernaient 58,6 % des femmes avec TDAH contre 36 % pour les femmes sans TDAH, tandis que les symptômes somatiques sévères concernaient respectivement 30,4 % et 13,9 %.
Ce sont des informations prometteuses, mais il serait intéressant à l’avenir d’avoir plus d’études sur le sujet pour confirmer l’information, mieux comprendre les causes et envisager des solutions.
Pourquoi ces symptômes peuvent-ils s’intensifier ?
Chez une femme présentant déjà un TDAH, certains de ces symptômes peuvent avoir un impact supplémentaire sur les capacités d’organisation, la concentration et la régulation émotionnelle. Les mécanismes exacts restent encore à déterminer, mais voilà quelques pistes de réflexion.
Les hormones sexuelles, et notamment les œstrogènes, jouent un rôle important dans le fonctionnement cérébral. Elles interagissent avec plusieurs neurotransmetteurs, dont la dopamine, un système particulièrement impliqué dans les mécanismes du TDAH.
Lorsque les concentrations hormonales fluctuent fortement 📉 pendant la périménopause, certaines femmes pourraient donc ressentir davantage leurs symptômes.
Une revue publiée en 2025 souligne justement l’existence d’une relation possible entre les hormones sexuelles et les symptômes du TDAH, tout en relevant le manque actuel de données.
Il faut également considérer les effets indirects de la transition hormonale. Le manque de sommeil, le stress, la fatigue, les changements d’humeur ou les bouffées de chaleur 🥵 peuvent eux-mêmes affecter les capacités cognitives.
Le résultat peut alors être un véritable cercle vicieux : fluctuations hormonales → sommeil moins réparateur → fatigue et difficultés cognitives → plus de difficultés à gérer le quotidien → augmentation du stress.
Comment améliorer le quotidien des femmes avec un TDAH en périménopause ?
L’accompagnement doit être individualisé et prendre en compte à la fois le TDAH et les symptômes de la transition ménopausique.
Prendre soin du sommeil
Le sommeil constitue à mes yeux la grande priorité. Une routine régulière, une exposition suffisante à la lumière naturelle en journée, une activité physique adaptée et un environnement favorable au sommeil peuvent être utiles 🥱.
Lorsque les réveils ou les sueurs nocturnes sont importants, il est également pertinent de rechercher une prise en charge spécifique des symptômes de la ménopause. Certaines recommandations reconnaissent notamment la place des thérapies cognitivo-comportementales dans la prise en charge des troubles du sommeil associés à la ménopause.
Simplifier l’organisation du quotidien
Avec un TDAH, les stratégies d’organisation sont particulièrement importantes ! En période de périménopause, il peut être utile de réduire la charge mentale en utilisant :
- des listes de tâches courtes
- des rappels
- un agenda unique 🗓
- des routines répétitives et réalisables
- des objets toujours rangés au même endroit
- des tâches découpées en petites étapes
- de l’aide extérieure, pouvoir déléguer
- …
L’objectif n’est pas d’être plus disciplinée et de se mettre la pression, mais de diminuer le nombre d’informations que le cerveau doit maintenir en mémoire. Souvent, une thérapie avec un psychologue / psychiatre peut aider.
Adopter une alimentation équilibrée
Une alimentation suffisamment riche en protéines, fibres, vitamines et minéraux participe au maintien d’une bonne santé générale et limite la perte musculaire.
Il est par ailleurs intéressant d’éviter les restrictions alimentaires excessives, particulièrement lorsque la fatigue et la charge mentale sont déjà importantes 🍛.
Un accompagnement naturopathique peut aider à construire une routine saine, avec nutrition, micronutrition… plutôt que d’ajouter de nouvelles contraintes strictes et pas toujours pertinentes.
Bouger régulièrement
L’activité physique contribue à la santé cardiovasculaire, musculaire et osseuse, mais elle a aussi un intérêt sur le sommeil et le bien-être psychologique.
L’idéal est de rechercher une activité réellement adaptée aux capacités, aux préférences et au niveau d’énergie de la personne : marche, renforcement musculaire, yoga, natation, vélo ou toute autre activité permettant de rester régulière 🚲.
Ne pas attribuer tous les symptômes au TDAH
Enfin, une aggravation récente de la fatigue, des troubles cognitifs, de l’humeur ou du sommeil ne doit pas automatiquement être considérée comme une simple évolution du TDAH. La périménopause peut expliquer certains changements, mais d’autres causes peuvent être recherchées avec un professionnel de santé.
Une prise en charge médicale de la ménopause peut notamment être discutée lorsque les symptômes sont importants. L’hormonothérapie de la ménopause fait partie des options thérapeutiques reconnues pour certains symptômes, comme les symptômes vasomoteurs, en fonction du profil et des contre-indications de chaque femme.
L’accompagnement naturopathique peut alors venir en complément, notamment autour de l’hygiène de vie, du sommeil, de l’alimentation, de l’activité physique et de la gestion du stress… N’hésitez pas à prendre RDV !
Photo de Vitaly Gariev
Laisser un commentaire