Récemment renommé SMOP (ancien SOPK), le Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien, peut présenter des manifestations très variables d’une femme à l’autre. Certaines consultent pour des cycles irréguliers, d’autres pour une acné persistante, une difficulté à concevoir ou des anomalies métaboliques découvertes lors d’un bilan 💉.
Il est possible de présenter un SMOP sans avoir tous les symptômes associés au syndrome. C’est pourquoi une évaluation médicale complète est nécessaire pour établir le diagnostic.
Sommaire
Savoir si on a le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien
Le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien est un syndrome affectant de nombreux aspects de la vie des femmes. J’insiste sur l’effet bénéfique à long terme du changement de dénomination du SOPK en SMOP dont je parle ici ! Rome ne s’est pas construite en un jour, mais cela aidera probablement les patientes pour une meilleure connaissance et prise en charge du syndrome.
Les symptômes du SMOP / SOPK
Les manifestations du SOPK sont liées notamment à la perturbation de l’ovulation, à l’hyperandrogénie et aux éventuelles particularités métaboliques. L’impact psychologique n’est pas à négliger également.
1. Les troubles du cycle menstruel
Les règles irrégulières constituent l’un des signes les plus fréquents. Ils peuvent se traduire par :
- Des cycles longs, souvent supérieurs à 35 jours chez l’adulte 📅.
- Des règles peu fréquentes, appelées oligoménorrhée 🩸.
- Une absence de règles, ou aménorrhée.
- Une ovulation irrégulière, voire absente.
Un cycle régulier n’exclut pas nécessairement une anomalie de l’ovulation et inversement.
2. L’hyperandrogénie

L’hyperandrogénie correspond à une exposition ou une production excessive d’androgènes comme la testostérone, l’androstènedione…
Elle peut se manifester par :
- Une pilosité excessive sur le visage, le thorax ou l’abdomen (hirsutisme)…
- Une acné persistante, même à l’âge adulte.
- Une peau plus grasse, des cheveux qui regraissent vite.
- Une perte de cheveux selon un schéma de type androgénétique.
Toutes les femmes présentant un SOPK ne présentent pas d’hyperandrogénie visible. Les taux d’androgènes peuvent également être identifiés grâce à un bilan biologique. Parfois, les symptômes de l’hyperandrogénie ne sont pas associés à des taux de testostérone ou autres androgènes trop élevés 📈, mais plutôt à une hypersensibilité aux androgènes 🙋♀️.
3. Les manifestations métaboliques
Le SOPK peut être associé à une résistance à l’insuline, c’est-à-dire une diminution de la réponse des cellules à l’action de l’insuline. Cette particularité n’est toutefois pas présente de manière identique chez toutes les femmes, et elle ne peut pas être déduite uniquement du poids ou de l’apparence physique.
Parmi les éléments pouvant être associés au syndrome, on retrouve :
- Une prise de poids ou une difficulté à stabiliser le poids chez certaines femmes.
- Une adiposité abdominale.
- Des anomalies de la glycémie ou du bilan lipidique.
- Un risque accru de développer un diabète de type 2.
Le SOPK / SMOP peut concerner des femmes de toutes morphologies !
4. Autres symptômes courants
De nombreuses femmes atteintes souffrent d’autres symtômes :
- Fatigue
- Moral fluctuant
- SPM important
- Anxiété, étant une des causes ou conséquences ? 🤯
- Déprime, dépression
- …
Comment détecter le SMOP ?
Le diagnostic du SOPK repose sur un ensemble d’éléments cliniques et biologiques. Il ne peut pas être établi sur la base d’un seul symptôme ou d’une échographie isolée.
Chez la femme adulte, les recommandations internationales de 2023 reposent sur les critères de Rotterdam, avec une approche actualisée.
Le diagnostic est généralement retenu lorsque deux des trois critères suivants sont présents, après exclusion des autres causes possibles :
1
Une hyperandrogénie clinique ou biologique.
2
Une dysfonction ovulatoire, notamment des cycles irréguliers.
3
Une morphologie ovarienne polykystique à l’échographie ou un taux d’hormone antimüllérienne (AMH) compatible avec ce critère (élevé).
Lorsque des règles irrégulières et une hyperandrogénie sont déjà identifiées, l’échographie ovarienne ou le dosage de l’AMH ne sont pas systématiquement pratiqués pour établir le diagnostic chez l’adulte.
Quels examens pour le SMOP / SOPK
Selon les symptômes et le contexte, le médecin ou le gynécologue peut proposer :
- Un interrogatoire sur les cycles menstruels, les symptômes et les antécédents.
- Un examen clinique pour rechercher des signes d’hyperandrogénie.
- Un bilan hormonal, avec idéalement la testostérone libre et liée et d’autres paramètres comme l’androstènedione, la LH, (Hormone Lutéinisante), l’AMH (Hormone AntiMüllérienne)…
- Une échographie pelvienne.
- Une évaluation du risque métabolique, incluant la glycémie et d’autres paramètres adaptés.
D’autres causes pouvant expliquer les troubles du cycle ou l’hyperandrogénie doivent être recherchées et exclues. Les examens sont donc à interpréter dans leur ensemble, et non de façon isolée.
Chez l’adolescente, les critères diagnostiques sont différents : l’utilisation de l’échographie et de l’AMH n’est pas recommandée pour le diagnostic en raison de leur faible spécificité à cet âge.
L’impact du SMOP sur la femme
Le SMOP / SOPK peut avoir des conséquences sur plusieurs dimensions de la santé : métabolisme, système reproducteur, peau, sommeil et bien-être psychologique. Son expression est hétérogène : certaines femmes présentent principalement des troubles de l’ovulation, tandis que d’autres cumulent des symptômes hormonaux et des facteurs de risque métaboliques 😪.
Les effets du syndrome métabolique ovarien polyendocrinien sur le corps
Le métabolisme et la résistance à l’insuline
L’insuline est une hormone qui participe à la régulation de la glycémie. Chez certaines femmes, les cellules répondent moins efficacement à son action. L’organisme peut alors produire davantage d’insuline pour maintenir un taux de glucose normal. Cette hyperinsulinémie peut participer à la stimulation de la production d’androgènes et contribuer à certaines manifestations du syndrome. Les interactions entre insuline, ovaires et hormones sexuelles sont complexes et varient selon les profils individuels.
Le SOPK est également associé à une augmentation du risque de troubles métaboliques, notamment le diabète de type 2, les anomalies lipidiques et certains facteurs de risque cardiovasculaire. Cela justifie un suivi préventif, même en l’absence de symptômes évidents.
Les conséquences sur l’endomètre
Lorsque l’ovulation est peu fréquente, l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus, peut être exposé à une stimulation prolongée des œstrogènes sans contrebalancement régulier de la progestérone produite après l’ovulation.
Cette situation peut augmenter le risque d’hyperplasie de l’endomètre et de cancer de l’endomètre à long terme, même si le risque absolu de cancer reste faible.
Sommeil et les autres manifestations
Les recommandations internationales soulignent par ailleurs l’association entre le SOPK et certains troubles du sommeil, comme l’apnée du sommeil. Une fatigue importante ou un sommeil non réparateur 🛏 méritent donc d’être explorés en fonction du contexte. Cette fatigue peut susciter beaucoup de culpabilisation chez la femme atteinte, il est essentiel d’en comprendre l’origine et d’être tolérant avec soi-même.
L’impact psychologique du SMOP
Les conséquences du SMOP / SOPK ne se limitent pas aux manifestations physiques. Le syndrome peut également affecter la santé mentale, l’image corporelle et la qualité de vie.
Les recommandations internationales de 2023 soulignent une fréquence accrue des symptômes d’anxiété et de dépression chez les femmes atteintes de SOPK. Elles recommandent notamment un dépistage des difficultés psychologiques chez toutes les femmes diagnostiquées.
Une image corporelle parfois fragilisée
L’acné, la pilosité excessive, la perte de cheveux ou les variations de poids peuvent avoir des répercussions sur la manière dont une femme perçoit son corps.
Ces manifestations peuvent générer :
- Une diminution de l’estime de soi.
- Une gêne dans les relations sociales.
- Une détresse liée à l’apparence physique 🫨.
- Une relation plus difficile avec son corps ou son alimentation.
Il est important de ne pas considérer ces difficultés comme de simples préoccupations esthétiques. Elles peuvent affecter le bien-être et méritent d’être prises en compte dans l’accompagnement.
Le poids et la stigmatisation
Le SOPK / SMOP est parfois associé à une prise de poids ou à une difficulté à en perdre. Cependant, toutes les femmes atteintes ne présentent pas de surpoids, notamment à un jeune age, et la prise en charge ne doit pas reposer sur une approche culpabilisante. Ce n’est pas forcément une question de volonté… 😒
Les recommandations insistent pourtant sur la nécessité de considérer la stigmatisation liée au poids et de favoriser une approche respectueuse de la santé et de la qualité de vie. En accompagnement naturopathique, les femmes parlent énormément de manque d’empathie et de compréhension du corps médical. Une meilleure formation sur les symptômes, risques et enjeux serait souvent bénéfique. Un accompagnement individualisé peut intégrer l’alimentation, l’activité physique, le sommeil et la gestion du stress, sans réduire la santé hormonale à un chiffre sur la balance.
SMOP et fertilité
Le SOPK constitue une cause fréquente de troubles de l’ovulation et peut être associé à des difficultés pour concevoir. Il ne signifie cependant pas qu’une grossesse est impossible ! Certaines femmes n’auront même aucun problème pour tomber enceintes très rapidement, d’autant plus à un moment de leur vie où le SMOP est équilibré.
1
L’ovulation correspond à la libération d’un ovocyte par l’ovaire. Lorsqu’elle est irrégulière ou absente, les occasions de fécondation sont moins fréquentes.
2
Dans le SMOP / SOPK, les perturbations de la régulation hormonale peuvent empêcher certains follicules de parvenir à une maturation complète. L’ovulation peut alors être retardée, irrégulière ou absente. Si l’ovulation n’est pas qualitative, des troubles de la fertilité sont également observés.
3
Le SMOP n’explique pas nécessairement à lui seul toutes les difficultés rencontrées lors d’un projet de grossesse. Une infertilité résultant de plusieurs facteurs, qui peuvent concerner la femme, son partenaire ou les deux 👩❤️👨.
Le SOPK n’empêche pas systématiquement une grossesse. De nombreuses femmes atteintes de ce syndrome peuvent concevoir spontanément, avec un accompagnement naturopathique (amélioration de l’hygiène de vie, béquilles « nutritionnelles »…) ou avec une aide médicale adaptée.
Guérir du SMOP
Malheureusement, on ne guérit pas à proprement parler du SOPK / SMOP. Même si à l’instant T, vous pouvez ne plus avoir aucun symptôme, on peut plutôt parler de rémission. La différence avec la guérison étant que le SMOP est en état de dormance. Certains changements dans votre vie (stress, âge, hygiène de vie, arrêt de traitement hormonal…) peuvent le réveiller.
Pour cette raison, il est important de maintenir une bonne hygiène de vie, de bonnes habitudes, pour souffrir le moins possible des symptômes du SMOP / SOPK. ❤️
Photo de Windows
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