Laura
Breiller-Tardy

Comment tomber enceinte avec le SOPK / SMOP

Qu’est-ce que le SMOP / SOPK ?

Le Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien (SMOP) ou Syndrome des Ovaires PolyKystiques (ancienne appellation pour SOPK) est un trouble hormonal qui touche environ 8 à 13 % des femmes 👩🏽 en âge de procréer (voire plus, mais beaucoup de femmes ne sont pas diagnostiquées). Il se caractérise par un déséquilibre hormonal pouvant entraîner :

  • Des cycles menstruels irréguliers ou absents
  • Une ovulation peu fréquente, de mauvaise qualité ou inexistante
  • Une augmentation des hormones androgènes (hormones dites masculines)
  • La présence de multiples petits follicules au niveau des ovaires

Plus de symptômes décrits ici. Contrairement à ce que son nom laisse penser, le SOPK ne correspond pas à la présence de véritables kystes ovariens, comme nous l’avons vu lors de changement de nom officiel du SOPK, mais plutôt à une accumulation de follicules immatures qui ne parviennent pas à atteindre le stade de l’ovulation.

Les symptômes peuvent inclure des règles irrégulières, une prise de poids, une résistance à l’insuline, de l’acné, une pilosité excessive ou encore des difficultés à concevoir… Il est important de noter que chaque femme atteinte n’aura pas forcément tous les symptômes.

Pourquoi le SOPK / SMOP impacte la fertilité ?

Le principal obstacle à la fertilité chez les femmes atteintes de SOPK est le trouble de l’ovulation.

Cycle normal

Ovocytes > Maturation folliculaire > libération d’un ovule prêt à être fécondé

✖️

Cycle chez les femmes atteintes de SOPK

Ovocytes > Follicules en développement qui n’arrivent pas tous à maturité > Ovulation bloquée ou de mauvaise qualité

Des cycles irréguliers ajoutent leur pierre à l’infertilité, car sur un cycle qui peut durer parfois 4 ou 6 mois, difficile de savoir où se situe l’ovulation.

Plusieurs mécanismes peuvent expliquer cette situation :

  • Une résistance à l’insuline favorisant les déséquilibres hormonaux
  • Une production excessive d’androgènes
  • Une inflammation chronique de faible intensité
  • Un stress oxydatif accru pouvant affecter la qualité ovocytaire
  • Inefficacité de l’œstradiol sur le follicule

Ces perturbations peuvent réduire la fréquence des ovulations et diminuer les chances de fécondation spontanée. Encore une fois, chaque femme est différente : toutes les femmes avec un SOPK n’ont pas de mal à tomber enceinte 🤰🏻 !

Améliorer la fertilité avec un SOPK / SMOP

Fertilité

Bien qu’il n’existe pas de traitement curatif du SOPK, de nombreuses approches permettent d’améliorer la fertilité et d’augmenter les chances de grossesse.

Les traitements médicaux les plus courants

Lorsque les difficultés à concevoir persistent, plusieurs solutions médicales peuvent être proposées par le médecin :

  • Les inducteurs de l’ovulation comme le Létrozole ou le citrate de clomifène
  • La metformine chez certaines patientes présentant déjà une résistance à l’insuline
  • Les gonadotrophines injectables
  • L’insémination intra-utérine
  • La fécondation in vitro (FIV) lorsque cela est nécessaire

Le choix du traitement dépend de nombreux facteurs tels que l’âge, la réserve ovarienne, les résultats hormonaux et la fertilité du partenaire ainsi que le médecin consulté.

Hygiène de vie

L’hygiène de vie joue un rôle majeur dans la prise en charge du SOPK.

  1. Chez les femmes en surpoids, une perte modérée de poids, même de 5 à 10 %, peut parfois suffire à restaurer des cycles plus réguliers et favoriser l’ovulation*. L’objectif n’est pas la restriction excessive, mais l’adoption durable d’habitudes favorables à la santé hormonale.
  2. Chez les femmes en sous-poids, une prise de poids (reprise de l’énergie suffisante + relai hormonal de la masse grasse) peut également avoir un rôle prépondérant dans l’amélioration des cycles, voir leur retour. Si la prise de poids est très difficile quelle qu’en soit la raison, n’hésitez pas à vous adresser au personnel compétent : psychocogue, nutritionniste, psychiatre, naturopathe… En fonction de vos besoins.
  3. Chez les personnes ayant une hygiène de vie perturbée sur un ou plusieurs domaine.s : alimentation, surmenage, stress intense ou chronique… une amélioration durable des facteurs problématique entraine presque toujours une amélioration des symptômes du SMOP.

* Si le SOPK / SMOP est la (ou une) cause du surpoids et non un problème lié a l’hygiène de vie, troubles alimentaires… la perte peut être très difficile. Elle devra être accompagnée par des professionnels compétents et non culpabilisants (dans tous les cas).

Stress et fertilité

Le stress chronique augmente la production de cortisol et peut perturber l’équilibre hormonal déjà fragilisé par le SOPK. Il contribue par ailleurs à l’inflammation et au stress oxydatif, deux mécanismes impliqués dans les troubles de la fertilité. Le désir d’enfant peut aussi être source d’anxiété, particulièrement lorsque la grossesse tarde à arriver.

La gestion du stress peut inclure :

  • La méditation 🧘🏻
  • La cohérence cardiaque
  • Phytothérapie / aromathérapie
  • Certains compléments alimentaires
  • Le yoga
  • Les techniques de respiration
  • L’accompagnement psychologique 👩🏻‍🏫
  • Autres techniques : lumière rouge / luminothérapie, jambes contre un mur, massages…

Sommeil et repos

Le sommeil joue un rôle fondamental dans la régulation hormonale.

Un manque de sommeil chronique peut favoriser la résistance à l’insuline, augmenter les niveaux de cortisol et perturber les hormones, notamment celles impliquées dans la reproduction.

Pour soutenir la fertilité, il est recommandé de :

  • Dormir entre 7 et 9 heures par nuit ;
  • Maintenir des horaires réguliers ;
  • Limiter les écrans avant le coucher ;
  • Voir la lumière du jour régulièrement dans la journée
  • Favoriser un environnement calme et sombre.

Si vous souffrez de troubles du sommeil, des solutions existent, faites-vous accompagner !

Alimentation

L’alimentation constitue l’un des piliers de la prise en charge du SOPK.

  • Protéines : contribuent à la satiété, participent à la stabilité de la glycémie, à l’intégrité physique du corps, la santé musculaire… Un manque de protéine impact le corps à long terme, la santé de la thyroide, la production hormonale…
  • Anti-oxydants : Le stress oxydatif est souvent plus important chez les femmes atteintes de SOPK. Les aliments riches en antioxydants peuvent aider à protéger les cellules reproductrices : myrtilles 🫐, légumes colorés, herbes aromatiques…
  • Fibres (solubles et insolubles) : participent à la régulation de la glycémie, à la santé du foie, au bon fonctionnement digestif… Les légumes, les fruits, les légumineuses, les graines…
  • Glucides, pour produire de l’énergie ! Mieux vaut bien les choisir : Les céréales (pâtes, riz, quinoa, sarrasin, avoine…), complètes dans certains cas 🍜, les légumineuses, les légumes riches en glucides (carottes, courges, chataignes…)🌰…
  • Lipides : les graisses de qualité participent à la synthèse hormonale et à la fertilité. Huile d’olive, avocats 🥑, graines, petits poissons gras, foie de morue (cuits à basse température pour respecter les oméga 3)
  • Minéraux et vitamines ayant un rôle important dans la fertilité : vitamine D, vitamines du groupe B, sélénium, magnésium, fer, iode🦪…

Une évaluation personnalisée peut permettre d’identifier d’éventuelles carences. Une alimentation variée et équilibrée aide grandement à éviter des apports trop bas.

Activité physique

L’activité physique régulière améliore la sensibilité à l’insuline, favorise l’équilibre hormonal et contribue au bien-être général (physique et mental). Au contraire, le surentrainement à tendance à faire baisser la fertilité et favorise les troubles hormonaux.

Les activités les plus intéressantes incluent :

  • La marche rapide
  • Le vélo
  • La natation
  • Danse 💃
  • Le renforcement musculaire
  • Le yoga
  • Pilates
  • Autres activités vous apportant du plaisir sans tomber dans l’épuisement…

L’objectif est de pratiquer une activité adaptée de façon régulière plutôt que de rechercher des performances excessives.

Bien-être émotionnel

Prendre soin de sa santé mentale est essentiel pour améliorer sa fertilité. De plus, le parcours de fertilité peut être éprouvant sur le plan émotionnel.

Le soutien du partenaire, de proches, d’un thérapeute ou de groupes de parole peut constituer une aide précieuse. Prendre du temps pour soi, être entouré.e de choses agréables, un environnement de travail et un logement sain et propre 🪻…

Compléments alimentaires pour améliorer sa fertilité quand on a le SMOP / SOPK

Certains compléments alimentaires 💊 sont fréquemment utilisés dans le cadre du SOPK pour soutenir l’équilibre hormonal et la fertilité.

Parmi les plus étudiés figurent :

  • Le myo-inositol
  • Le D-chiro-inositol
  • La vitamine D
  • Les oméga-3
  • Le magnésium
  • Le zinc
  • Le coenzyme Q10
  • Les antioxydants comme les vitamines C et E

Toute supplémentation doit être adaptée aux besoins individuels et idéalement encadrée par un professionnel de santé. Ils ne sont pas tous adaptés à votre situation !! N’hésitez pas à faire appel à un naturopathe ou nutrithérapeute afin de trouver ce dont vous avez besoin, en accord avec le médecin.

Prendre en compte la fertilité du conjoint 🙍🏼

Lorsqu’une grossesse tarde à arriver, l’attention se porte souvent sur le SOPK. Pourtant, environ un tiers des difficultés de conception impliquent également un facteur masculin.

Il est donc important d’évaluer la fertilité du partenaire dès le début du projet de grossesse.

La qualité du sperme peut être influencée par :

  • Le tabac
  • L’alcool
  • Le surpoids
  • Le stress
  • Le manque de sommeil
  • Certaines carences nutritionnelles
  • L’exposition à la chaleur ou à des substances toxiques
  • Des malformations congénitales
  • Une maladie

Une prise en charge globale du couple permet souvent d’optimiser les chances de conception et d’obtenir plus rapidement une grossesse.

Photo de Katja Vogt

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