De nombreuses personnes atteintes de TDAH rapportent également des difficultés liées à la thyroïde, au cycle menstruel, à la fertilité ou encore à des fluctuations hormonales importantes. Bien que le TDAH ne soit pas directement une maladie hormonale, les hormones influencent le fonctionnement du cerveau, tandis que le stress chronique 🤯 et la charge mentale peuvent eux-mêmes perturber l’équilibre endocrinien.
Sommaire
Qu’est-ce que le TDAH ?
Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement caractérisé par des difficultés persistantes dans la régulation de l’attention, de l’organisation et des fonctions exécutives. Selon les personnes, il peut s’accompagner :
- d’inattention ;
- d’impulsivité ;
- d’hyperactivité physique et / ou mentale ;
- de difficultés de planification ;
- angoisse à l’idée des tâches à accomplir ;
- culpabilité (face aux conséquences, au trouble lui-même…) ;
- dysphorie sensible au rejet ;
- d’une tendance à la procrastination / difficulté à amorcer des tâches ;
- d’une sensibilité accrue au stress et aux émotions ;
- …
Les mécanismes du TDAH impliquent notamment des dysfonctionnements dans certains circuits cérébraux utilisant la dopamine et la noradrénaline, deux neurotransmetteurs essentiels à la motivation, à la concentration et à la gestion des comportements.
Cependant, le cerveau n’agit pas de manière isolée. Il est en constante interaction avec le système nerveux autonome, le système immunitaire et le système hormonal. C’est pourquoi les variations hormonales peuvent parfois moduler certains symptômes du TDAH.
Comment le mental impacte-t-il le système hormonal ?
Le cerveau et les glandes endocrines communiquent en permanence grâce à ce que l’on appelle l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien*.
Lorsqu’une personne est confrontée à un stress prolongé, le cerveau active une sorte de cascade hormonale destinée à favoriser l’adaptation. Les glandes surrénales produisent alors davantage de cortisol, souvent surnommé « l’hormone du stress ».
À court terme, cette réponse est bénéfique : bons réflexes, surcroît d’énergie, éveil… Mais lorsque le stress devient chronique, plusieurs conséquences peuvent apparaître :
- perturbation du sommeil ;
- augmentation de la fatigue ;
- dérèglement de l’appétit ;
- fluctuations de l’humeur ; 😤
- impact sur la fonction thyroïdienne ;
- perturbation des hormones sexuelles.
Les personnes atteintes de TDAH sont particulièrement exposées à ce phénomène. Les difficultés organisationnelles, les oublis fréquents, les problèmes de gestion du temps ou encore la surcharge sensorielle peuvent générer un niveau de stress quotidien élevé.
Avec le temps, cette activation répétée des systèmes de stress peut contribuer à déséquilibrer certains mécanismes hormonaux déjà sensibles.
*Donc le lien entre l’hypothalamus, l’hypophyse (+ thyroïde), les glandes surrénaliennes.
Impacte du TDAH sur le système hormonal
TDAH et troubles de la thyroïde
La thyroïde joue un rôle fondamental dans la régulation de l’énergie 🪫, du métabolisme, de l’humeur et des fonctions cognitives.
Lorsqu’elle fonctionne au ralenti (hypothyroïdie), plusieurs symptômes peuvent apparaître :
- difficultés de concentration 🧠 ;
- troubles de la mémoire ;
- fatigue importante ;
- ralentissement intellectuel ;
- baisse de motivation ;
- humeur dépressive 🥹.
Or, plusieurs de ces manifestations ressemblent fortement à certains symptômes du TDAH. Cela peut parfois compliquer le diagnostic ou conduire à une confusion entre les deux situations. Le stress et le surmenage influence aussi négativement la santé thyroïdienne.
Les hormones thyroïdiennes jouent un rôle essentiel dans le développement du cerveau et dans le maintien de certaines fonctions cognitives tout au long de la vie. Elles participent notamment à la formation des connexions neuronales, à la myélinisation et à la régulation de plusieurs systèmes de neurotransmetteurs. Ainsi, un dysfonctionnement thyroïdien peut s’accompagner de difficultés de concentration, de mémoire ou de ralentissement cognitif, des symptômes qui peuvent éventuellement rappeler certains aspects du TDAH.
Ça ne signifie pas que le TDAH provoque directement une maladie thyroïdienne (ou l’inverse), mais plutôt que ces deux problématiques peuvent coexister et s’influencer mutuellement. Un cercle vicieux, en somme.
Chez les personnes présentant une fatigue persistante malgré une bonne prise en charge du TDAH, une évaluation du fonctionnement thyroïdien peut être pertinente avec un professionnel de santé 👩⚕️.
TDAH et troubles du cycle féminin
Les liens entre TDAH et hormones féminines sont aujourd’hui de plus en plus étudiés.
Les œstrogènes participent à la régulation de plusieurs neurotransmetteurs, comme la dopamine (mécanisme impliquant la thyroïde). Lorsque leur taux fluctue, certaines femmes constatent une aggravation temporaire de leurs symptômes de TDAH.
Ces variations peuvent être particulièrement marquées :
- avant les règles ;
- pendant certaines phases du cycle menstruel (peut-être spécifique à chaque personne menstruée) ;
- après un accouchement 🤰 ;
- durant la périménopause / ménopause.

Symptômes pouvant s’accentuer au cours du cycle
Durant leur cycle, souvent avant les règles (SPM), certaines femmes rapportent notamment :
- une baisse de concentration ;
- davantage d’oublis ❓❔;
- une augmentation de l’impulsivité ;
- une fatigue plus importante ;
- une hypersensibilité émotionnelle ;
- une irritabilité accrue 😵💫 ;
- une sensation de brouillard mental ;
- une diminution de la motivation ;
- …
Le syndrome prémenstruel (SPM) et le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) semblent également être fréquents chez les femmes présentant un TDAH.
Cette interaction entre hormones sexuelles et neurotransmetteurs pourrait expliquer pourquoi certaines femmes découvrent leur TDAH à l’âge adulte, lorsque les variations hormonales deviennent plus marquées.
Quelques solutions à mettre en place
Bien que chaque situation soit unique, plusieurs approches peuvent contribuer à soutenir à la fois le fonctionnement cognitif et l’équilibre hormonal. On ne guérira pas le TDAH (ADHD), on ne rétablira peut-être pas le système hormonal à 100%, mais on peut améliorer la vie des personnes qui souffrent du TDAH.
1. Réduire la charge de stress
Le stress chronique influence fortement les systèmes hormonaux. Il peut être utile de mettre en place :
- des temps de récupération réguliers ;
- une meilleure gestion des sollicitations ;
- une bonne organisation (méthodes adaptées à chacun.e) 📑 ;
- des pratiques de relaxation ;
- une activité physique adaptée et motivante !!
- …
2. Optimiser le sommeil
Le sommeil joue un rôle central dans la régulation des hormones, de l’humeur, de l’attention 🛏… Une mauvaise qualité de sommeil peut accentuer à la fois les symptômes du TDAH et les déséquilibres hormonaux. Découvrez des solutions efficaces pour améliorer votre sommeil.
3. Travailler sur l’alimentation
Une alimentation équilibrée permet de fournir les nutriments nécessaires à la production des neurotransmetteurs et au bon fonctionnement du système endocrinien. Thyroïde, ovaires, cerveau… tous les organes ont des besoins spécifiques auxquels nous devons répondre. Si l’un deux est perturbé, le fonctionnement des autres acteurs sera impacté.
Manger de tous (en respectant ses convictions, allergies…), répondre aux besoins en macro et micro nutriment, apportez des fibres, des anti-oxydants… ça parait complexe (et ça l’est) mais il suffit finalement de quelques semaines pour ancrer de nouvelles habitudes. Faites-vous aider si vous en avez besoin !
4. Observer les fluctuations du cycle
Pour les femmes concernées, suivre les différentes phases du cycle peut aider à identifier les périodes pendant lesquelles les symptômes du TDAH s’intensifient 🗓 et à mieux adapter son organisation. Certaines choses seront toujours indépendantes de notre volonté (actes d’autres personnes, catastrophes naturelles, pannes…) mais nous pouvons faire au mieux pour limiter au maximum les perturbations et sources de stress excessives 🙇♀️.
5. Phytothérapie, aromathérapie et autres méthodes naturelles
Certaines plantes peuvent aider. Je pense par exemple à la rhodiole, l’ashwagandha, le safran, l’huile essentielle de petit grain bigarade… À conseiller au cas par cas. Une exposition judicieuse à la lumière, luminothérapie éventuellement, du soutien dans la vie de tous les jours, du renforcement positif… il y a de nombreuses choses qui peuvent apporter un mieux être aux personnes souffrant d’un TDAH.
6. Réaliser un bilan médical lorsque nécessaire
En présence d’une fatigue persistante, de troubles menstruels marqués ou de symptômes évoquant un dysfonctionnement thyroïdien, un bilan médical peut permettre d’écarter ou d’identifier une cause hormonale sous-jacente. Par ailleurs, un psychiatre sera à même de parler traitement avec vous si le TDAH vous empêche de vivre votre vie sereinement 👨⚕️.
Si vous avez besoin de vous faire aider pour améliorer votre hygiène de vie, travailler sur l’apaisement de certains symptômes, n’hésitez pas à prendre rendez-vous pour un accompagnement avec un naturopathe !
Sources
Thyroid Hormones in Brain Development and Function – 2025
Local Thyroid Hormone Action in Brain Development – 2023
Photo de ALAN DE LA CRUZ
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